Les principales activités économiques relevées sont les suivantes : l’agriculture, l’élevage, la pêche, la chasse, l’artisanat, l’activité minière, le tourisme, le secteur informel, la forêt et le commerce des produits manufacturés.

L’Agriculture

L’agriculture reste la principale activité économique de la Commune. Elle occupe près de 80% de la population et assure l’essentiel des revenus de celle-ci.

Les statistiques disponibles au niveau des services départementaux du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural signalent la présence des cultures ci-après par ordre d’importance : le palmier à huile, le cacaoyer, le plantain, le manioc et le macabo.

Introduit sous la forme des plantations par un européen appelé Kokola qui créa vers les années 1940, une palmeraie autour de la ville d’Eséka ; ce n’est qu’avec la création vers les années 1970 de la SOCAPALM dans le village de Badjob (Messondo), que le développement rapide de la culture du palmier à huile dans la Commune d’Eséka est devenu effectif, avec la mise en place des plantations villageoises tout autour de l’agro-industrie. Ceci a été à l’origine de la création des plantations dans les villages de Bogso, Eséka village, Song Bassong, Mapan et N’jock se trouvant dans le périmètre stratégique de cette entreprise. Ceci a fait naître les plantations individuelles dans plusieurs villages de la Commune et plus tard, l’arrivée de l’Association ASAFRO dans la localité, a permis l’introduction de cette culture dans les villages de Mahomy, Limoug Lihog, Minloh et Pouth-Kellé, restés à l’écart, ainsi que sa densification dans les villages de Song Bassong et Bogso. Quelques grands exploitants totalisent plus de 50 ha de plantation chacun.

On rencontre aussi presque dans tous les villages, les cacaoyères qui sont approximativement entretenues et une vieille plantation d’hévéa, autrefois entretenue par un expatrié, mais aujourd’hui à l’’abandon dans le village de N’jock.

Les cultures vivrières telles que : le plantain, le macabo, l’igname, le maïs et l’arachide sont aussi cultivées dans la majorité des villages, mais l’on peut noter la prédominance du manioc, qui est le légume le plus consommé et qui par ailleurs, a fait la renommée du GIC PAB de Bogso, spécialisé dans sa culture et sa transformation. Les populations cultivent aussi des arbres fruitiers et il est régulier de rencontrer dans les marchés et suivant les saisons, les fruits tels que le safou, la mangue, la pomme de Cythère, le pamplemousse, l’orange, le citron, la goyave, la canne à sucre, la noix de coco, la kola et le bitter cola.

Tableau 5 : Principales cultures

Cultures               Nombre d’exploitation  Superficie

(ha)        Rendement

(ha/tonne)         Production

totale    Observations

Palmier à huile  35           1100       0,13        103        

Cacao    97           786         1              1100      

Bananier plantain                             1750       27,03     35350   

Manioc                 2420       6,59        16698   

Macabo/taro                     2000       2,77        5800      

Maïs                      910         1,50        1820      

Arachide                              500         1,65        900        

Igname                 1215       4,92        5589      

 Source :DAADER- Eséka

L’Elevage, Pêche et Industries animales

La consommation des protéines animales, par les populations de la Commune d’Eséka, les amène soit à produire, à chasser ou à acheter ces produits dans les marchés. Ainsi les hommes et les femmes s’adonnent aux activités d’élevage et de pêche pour se nourrir.

  1. a) L’élevage : il se pratique de manière artisanale par les hommes qui élèvent le petit bétail (les caprins notamment), les femmes qui font de la volaille. Mais, avec l’appui du Gouvernement camerounais dans l’encadrement et le développement de la filière porcine, quelques éleveurs émergent (GIC PAB de Bogso, Bikai, etc). Aucun élevage n’est cependant homologué.

Les approvisionnements en aliments pour bétail et produits vétérinaires se font à Yaoundé, le marché local etant peu pourvu en ces denrées.

  1. b) La pêche : elle reste artisanale et est pratiquée par les hommes depuis belle lurette sur les importants cours d’eau, rivières et fleuves poissonneux (Kellé, Nyong) qui arrosent la Commune d’Eséka. Mais, les problèmes d’exode rural et de scolarisation des jeunes conduisent à l’abandon de cette activité par les populations. Seuls quelques pêcheurs au filet écument les berges du Nyong dans les villages de Nguibassal, N’jock, Manguéngues et Ngog Tos et de la Kellé dans le village de Pouth-Kelle. On dénombre également quelques étangs piscicoles dans les villages de Makomol et autour de la ville d’Eséka
  2. c) Pour couvrir le déficit en protéines animales issues de l’élevage et de la pêche, CONGELCAM a ouvert dans la ville d’Eséka un grand espace destiné à la vente des produits congelés tels que les poissons, les chutes de porc et la volaille. On note aussi un commerce croissant de la viande de bœuf et les populations continuent de pratiquer la chasse au gibier pour satisfaire leurs besoins alimentaires. La situation de l’élevage dans la Commune d’Eséka est donnée dans le tableau ci après :

Tableau 6 : Principales espèces rencontrées

Espèces élevées               Nombre d’éleveurs        Nombre de têtes             Nombre d’élevages homologués

Bovins   02           150        

Porcins 34           1725      

Volaille 17           22975    Aucun

Caprins                 8              2260      

Ovins     4              920        

Nature activités                Nombre de pisciculteurs               Nombre d’étangs            Estimation production

Pisciculture         07           07          

Source : Délégation d’Arrondissement du MINEPIA d’Eséka.

III.3.5.3- L’artisanat

L’artisanat local est relativement peu développé et abandonné par les populations, il cède de plus en plus place à des produits venus de l’extérieur. Il n’est donc plus facile de rencontrer dans les rues de la ville et dans les villages, des artisans locaux spécialisés dans la fabrication du matériel de construction (nattes, piquets), le mobilier de maison (chaises, lits, cuillères, marmites, etc.) et le matériel de beauté (peignes). Toute fois, on compte quelques établissements en charge de la fabrication des équipements en bois, de quelques équipements agricoles en fer et de la couture moderne. On rencontre aussi quelques personnes travaillant dans les domaines ci-après : la vannerie, la  menuiserie bois, la menuiserie métallique et la poterie.

La Commune d’Eséka dans sa partie urbaine, héberge quelques artisans chargés de la fabrication des meubles de maison en bois, des ouvertures des maisons en bois et en fer, de la confection des vêtements des hommes et des femmes, des équipements agricoles (pressoir à huile) et de petit matériel de maison en terre fabriqué par l’unique poterie du département.

Ces divers artisans sont membres de l’organisation départementale des artisans de Nyong et Kellé et sont suivis par la Commune d’Eséka.

III.3.5.4- Le secteur minier

Le secteur minier ne connait pas encore une exploitation officielle dans la Commune. Toutefois, on observe depuis plus d’un an, une activité de recherche minière dans les villages de Bonbe I et Song-Hot par des personnes d’origine asiatique (Chine). Il est cependant présent en ville, la station service de société TRADEX S.A, la société TOTAL S.A. ayant fermé depuis quelques mois seulement. Cette société est chargée de la distribution des produits pétroliers (essence, gasoil, pétrole lampant, huiles pour moteur des véhicules et des engins et le gaz domestique).

III.3.5.5- Le tourisme

Le secteur touristique est relativement peu développé dans la Commune, en dépit de l’existence d’un potentiel très important qui peut entrainer le tourisme de masse ou même de l’écotourisme et du tourisme culturel. En effet, les cours d’eau, les collines et la forêt qui composent la géographie de la Commune, peuvent intéresser des visiteurs de toute nature et la présence de la chute de N’jock, surnommée localement ‘‘Ngo Njôck Lipôô’’ et située sur le fleuve Nyong à six (06) km de la ville d’Eséka est une grande merveille de la nature. Cette chute, l’une des plus importantes du Cameroun, a toujours fait l’objet des études pour la construction éventuelle d’un barrage hydroélectrique, qui pourrait à terme, améliorer considérablement la capacité énergétique du pays et permettre l’accès des populations de la Commune à plus d’énergie.

Le site de l’ancienne scierie « Les Bois du Cameroun », les grottes identifiées dans les villages, le massif forestier et les différents lacs qui entourent la ville d’Eséka, autre fois objet de beaucoup d’admiration, peuvent être, en cas d’aménagement par les privés ou l’administration, d’importants sites touristiques capables de booster le développement de l’économie locale.

La capacité hôtelière de la Commune avoisine cent cinquante (150) chambres réparties dans trois (3) motels (Njiki Mpeck, City Guest et Eséka Palace) et huit (8) auberges. 30% de ces chambres sont d’un standing acceptable.

III.3.5.6- Le secteur informel

Le secteur informel est très présent avec la présence de la plupart des corps de métiers, recensés dans les Communes de même catégorie ; on y rencontre :

             La vente des boissons alcoolisées et hygiéniques (bars et vente à emporter) ;

             la restauration moderne et de rue ;

             la vente des crédits de communication (Call Box) ;

             le transport par taxi-brousse vers : Boumnyébél, Makak et Lolodorf ;

             le transport par motos en ville et vers les villages;

             la réparation des autos et motos ;

             la coiffure des femmes et des hommes ;

             la vente des pièces détachées (auto, moto) ;

             la réparation des roues ;

             la vente de gaz domestique ;

             le secrétariat informatique ;

             la vente du bois de chauffe ;

             la vente des vivres frais.

III.3.5.7- Exploitation forestière

La forêt reste une richesse indéniable pour la Commune d’Eséka, bien que celle-ci ne dispose pas, elle-même, d’une forêt communale. Seuls deux (2) villages (Song Ndeng et Souhè), disposent chacun, d’une forêt communautaire. Cependant, près de 70% des villages de la Commune disposent de massifs forestiers.

Malgré la législation en vigueur et qui réprime toute exploitation non contrôlée des ressources forestières et fauniques, l’exploitation anarchique des ressources naturelles notamment du bois et des produits forestiers non ligneux, reste une préoccupation majeure des responsables locaux, car, une telle exploitation affecte négativement les revenus de la Commune et la vie des Communautés concernées, par la destruction de leur milieu et la dégradation des voies de communication.

III.3.5.8- Le commerce des produits manufacturés

La ville d’Eséka est un vieux centre commercial créé depuis la colonisation allemande. Etant devenu à l’époque un important centre de négoce, la ville a vu venir et s’installer les Grecs, en particulier et d’autres européens à la recherche du profit ; c’est ainsi qu’on rencontrait des sociétés gérant les grandes surfaces, telles que « La Soudanaise », une boulangerie et une savonnerie, pour ne citer que celle-là. Les vestiges de leur passage sont encore visibles au centre urbain de par de vieilles bâtisses d’une architecture particulière, en bloc de terre cuite et couvertes de tôles d’une certaine époque.

Actuellement, on rencontre quelques boutiques de petite dimension, détenues par des nationaux, mais aussi des expatriés au centre urbain, tout au long de l’artère principal. Les boutiques de petite taille, sont logées dans les bâtiments du nouveau marché communal B, construit sur financement du PNDP au courant de l’année 2008. Les autres boutiques de la ville d’Eséka sont logées dans des baraquements, faits en matériaux provisoires pour les produits manufacturés ou sur les étables, pour ce qui est des produits culinaires. Ces baraquements semblent être dépassés par le temps et leur seule présence vieillit davantage la ville ; c’est pour cette raison que la Commune envisage la construction d’une centaine de boutiques pour le recasement des commerçants,  mais aussi pour l’embellissement de la ville.

III.3.5.9- Services (banques, transport) Secteur privé

Il existe des établissements de micro-finance à l’instar de la SONAC et Express Union. Ces différents organismes bancaires contribuent à la promotion de l’épargne locale et l’expansion de l’économie de l’espace urbain. Les transporteurs locaux, organisés en syndicat, assurent les différentes liaisons entre l’espace urbain et les villages environnants d’une part, et d’autre part entre l’espace urbain et les localités voisines

Les mototaxis assurent le transport des personnes et des biens dans l’espace urbain et aux environs à tout moment de la journée.

Les taxis de brousse communément appelés ‘’clando’’ assurent le transport des personnes et des biens vers les villages environnants de l’espace urbain et quelques minibus qui font la ligne de Yaoundé, d’une part. La seule agence de transport en commun, BUTRANS VOYAGE, dessert en plusieurs rotations journalières, les villes de Yaoundé, Douala et Lolodorf, d’autre part.

Il existe dans l’espace urbain le réseau des exploitants de téléphonie mobile (MTN, ORANGE, CAMTEL et NEXTTEL).

SANTE